Connaissance universitaire : les Dulongs/drungs par Stéphane Gross
Connaissance universitaire : les Dulongs/drungs par Stéphane Gross

Connaissance universitaire : les Dulongs/drungs par Stéphane Gross

L’apport des sciences sociales nous parait indispensable à la réussite de ce site.

 

Derrière chaque information, il y a des personnes investies dans la connaissance. Qu’ils vivent en France, en Allemagne où en Chine, ils utilisant la langue anglaise et enrichissent une culture universitaire commune.  Certains ont pu faire de leurs passions un métier et sont devenus chercheurs et enseignants en Sciences sociales. Leurs disciplines sont nommées Ethnologie, Anthropologie,  Sinologie, Tibétologie.

Ces universitaires spécialisés parlent par exemple, la langue chinoise, mongole, tibétaine. Ils ont ont effectué de fréquents et longs séjours sur leur terrain d’études.  On aimerait en dire autant de journalistes, de photographes, de voyageurs qui sont bien plus visibles, plus facile à comprendre et plus intéressants pour une culture générale.

Les universitaires savent s’adapter et produire également des articles très accessibles. Ainsi les sites de publications de thèses comme Acadomia sont à découvrir. http://www.academia.edu

Lisez donc les articles scientifiques, c’est souvent bien plus clairs que ce que l’on peut imaginer, Ne lisez pas forcément tous les chapitres mais ne passez pas à coté d’une telle richesse. Nous espérons que l’article de Stéphane Gross vous convaincra. Il produit également des films d’un grand intérêt.

https://www.academia.edu/1955263/Du_politique_au_pittoresque_en_Chine_A_propos_des_Dulong_nationalit%C3%A9_minoritaire_du_Yunnan_2001_

 

  » Les Drungs  vivent dans une unique vallée d’habitat, celle creusée par le fleuve Dulong (Dulongjiang ), source orientale de l’Irraouaddi, est isolée et difficile d’accès. Pour y parvenir, il faut franchir les monts Gaoligong en suivant un sentier muletier qui passe par un col situé à 3 800 mètres.

Depuis l’automne 1999, une route carrossable est ouverte, suspendue aux parois abruptes des montagnes et sujette à de nombreux glissements de terrain. Favorisant le désenclavement de la vallée, cette route ne résout pas pour autant le problème de son isole- ment hivernal : les neiges qui couvrent les hauteurs bloquent l’accès à la vallée pendant au moins cinq mois.

Jusqu’en 1996, la vallée du Dulongjiang, comme toute la Préfecture autonome du Nujiang (fleuve Salouen) dont elle fait partie, était fermée aux visiteurs étrangers. Pourtant, c’est à l’automne 1994 que j’effectuai ma première visite aux Drung, n’empruntant pas le sentier habituel mais un ancien chemin qui, du Tsarong tibétain, aboutit à l’extrême nord de la vallée du Dulongjiang. Après bien des efforts, j’étais arrivé à destination, découvrant un monde différent de celui que j’avais imaginé « 

Remarquons alors que les universitaires sont également des aventuriers.

 » Aucune étude ethnologique occidentale n’a encore été réalisée sur les Drung, mais du côté chinois ils ont déjà fait l’objet d’enquêtes ethnographiques, d’ouvrages de vulgarisation, de reportages journalistiques ou encore de documentaires.

Les universitaires sont tenus de vérifier et d’argumenter leurs propos. Ils doivent citer leurs sources par des notes de bas de page. A l’inverse de ce qui est présenté par les médias, les universitaires collaborent entre eux et construisent un savoir commun. Ici, le savoir des universitaires chinois à servi à un français.

Ce sont en premier lieu ces matériaux chinois, d’époques et de genres différents, qui seront soumis à l’analyse dans cet article. Chacun à leur manière, ils dévoilent quelque chose des politiques gouvernementales à l’égard des populations minoritaires et de la diversité culturelle.

À propos des Drung, bien des superlatifs, qui les placent dans une position d’altérité extrême, sont employés. C’est alors que se forge aisément à leur égard une image stéréotypée qui puise dans l’inconscient culturel chinois et dans les idéologies dominantes ses aspects les plus caricaturaux.

D’une manière générale, la culture des Drung apparaît dans les documents chinois comme « immuable ». Les descriptions se focalisent sur des coutumes autrefois essentielles, mais sans toujours en restituer le sens ni prendre en compte le fait qu’elles furent combattues et interdites par la politique gouvernementale.

Alors que cette politique prend aujourd’hui une nouvelle orientation, les pratiques disparues pour un temps sous la contrainte peuvent, pour certaines, refaire surface. Envisager cette possibilité est un moyen de laisser la parole aux Drung et de questionner la relation entre l’image stéréotypée qui est donnée d’eux et le discours intime de leur culture. »

Nous pouvons parfois imaginer que la culture savante s’oppose à la culture populaire tant leur manière de parler s’oppose. Il faut souvent faire un certain effort et il en vaut la peine. Comprendre, c’est aussi conceptualiser et il est normal que leur manière de parler tende vers cette conceptualisation.

Les universitaires confisquent pourtant pas la parole , au contraire ils l’a traduise comme Stéphane Gross a du traduire la langue chinoise et ils l’interprètent avec bien sûr plus ou moins d’erreurs.

 » Les Drung sont une nationalité minoritaire par excellence. Leur petit nombre, ils sont à peine six mille sur l’ensemble du territoire chinois et leur statut de nationalité leur permettent de jouir de la possibilité d’avoir trois enfants dans le cadre de la politique de contrôle des naissances. Leur situation géographique qui, au temps de la construction de la nouvelle Chine, les plaçait non loin des conflits frontaliers avec la Birmanie et leur valait donc d’être l’objet d’une attention particulière, les met jusqu’à aujourd’hui dans une situation de dépendance vis-à-vis des politiques d’aides et de développement gouvernementales. Comme beaucoup d’autres populations minoritaires de Chine, les Drung ont bénéficié du soutien actif des Han. »

 

« Cette attitude a certes un peu vieilli aujourd’hui, mais le vocabulaire qui la caractérise reste en usage. On parle toujours d’« arriération » ( luohou), de « primitivité » ( yuanshi), et de sociétés « fossiles vivants » ( huohua shi) du développement de l’humanité. On assiste à la production de clichés, littéraires et visuels, qui visent à maintenir artificiellement les différences culturelles malgré une politique assimilationniste. Dans de nombreuses régions de Chine, les cultures des peuples minoritaires sont souvent réduites à des spectacles folkloriques pour les besoins du « tourisme ethnique ». Bien que les Drung ne soient pas encore confrontés à ce type de situation, on voit déjà les premiers pas vers cette élaboration de clichés culturels dans les images qui sont données d’eux. »

Comment le tourisme ethnique va t-il arrivé en pays Drung ? Qui va décider et quels en seront les conséquences ? Stéphane Gross nous pousse à cette réflexion. Il met des parenthèse à  » besoin du tourisme ethnique  » et nous invite à s’enrichir d’une réflexion personnelle. Qu’est-ce que le  » tourisme ethnique » ?

 

 

 

 

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